Voici pourquoi les offres hostiles sont presque inexistantes dans la LNH
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Guillaume Bergeron
1 aoû 2025 (15h29)
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Crédit photo: NHL.com
Alors que le marché des joueurs autonomes avec compensation reste étrangement calme, une hypothèse persistante refait surface : la résistance des propriétaires de la Ligue nationale de hockey à toute forme d'offre hostile.
C'est ce qu'a laissé entendre un agent de joueur bien connecté lors d'une entrevue récente avec le journaliste Jimmy Murphy, de RG Média.
Selon cet agent, qui a requis l'anonymat, la réticence ne viendrait pas des directeurs généraux eux-mêmes, mais plutôt des propriétaires, qui verraient d'un très mauvais oeil toute tentative d'offrir un contrat hostile à un joueur appartenant à une autre organisation.
« C'est simple : les DG savent qu'ils auraient des comptes à rendre s'ils allaient dans cette direction. Ce n'est pas un interdit écrit, mais c'est compris », aurait confié l'agent à Murphy
Les offres hostiles, ces contrats proposés par une équipe à un joueur autonome avec compensation dans l'espoir de l'arracher à son club actuel, sont rares dans la LNH. Pourtant, elles sont parfaitement légales en vertu de la convention collective. Historiquement, très peu ont été déposées, et encore moins ont été acceptées.
L'exemple le plus célèbre demeure celui de l'offre déposée par les Hurricanes de la Caroline à Jesperi Kotkaniemi en 2021, une riposte directe à celle que le Canadien avait faite à Sebastian Aho, deux ans plus tôt.
Depuis, le climat entre les organisations semble avoir refroidi toute velléité de répéter ce genre de manoeuvre. L'explication évoquée par l'agent confirme ce que plusieurs observateurs soupçonnaient déjà : une volonté collective, menée en coulisses par les propriétaires, de maintenir une forme de statu quo non officiel.
Cette façon de faire pourrait-elle changer?
Ce contexte soulève plusieurs questions quant à la compétitivité et à l'équité du marché des joueurs. Alors que certaines équipes peinent à retenir leurs jeunes talents en raison de contraintes salariales, d'autres, bien que possédant l'espace nécessaire sous le plafond, semblent hésiter à faire bouger les choses de peur de franchir une ligne invisible.
Dans une ligue où la parité est souvent mise en avant comme un pilier central, l'absence d'offres hostiles ne reflète peut-être pas seulement une stratégie sportive, mais aussi une culture interne qui freine l'audace au nom de la solidarité entre propriétaires.
Reste à voir si une équipe osera défier ce consensus silencieux et si la LNH interviendra un jour pour encadrer plus clairement un mécanisme qui, bien que prévu par la convention collective, semble aujourd'hui pratiquement neutralisé.
Source: DansLesCoulisses